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Les Paradis méritent mieux

Aux Paradis, un urbanisme complètement à contre-temps

Aux Blagis, le quartier des Paradis, construit dans les années 1960, meurt de mort lente : jamais de rénovation de l’existant, sur-densification en 1990, toujours plus d’arrière-pensées politiques, voire électoralistes, jusqu’à aujourd’hui, où le maire et son conseil municipal veulent démolir pour sur-densifier en immeubles nouveaux, dans l’espoir de gentrifier le quartier.

60 ans après la construction de la première tranche, on vient de démolir des bâtiments qui n’avaient que 30 ans, et pas d’amiante. Après avoir utilisé comme épouvantail l’amiante des immeubles les plus anciens. Et en abattant aujourd’hui de plus en plus d’arbres pour mieux libérer le terrain pour les promoteurs.

Rappelons * que des quartiers analogues ont été rénovés avec succès, moins chers, plus durables, notamment le quartier Grand Parc à Bordeaux, cité comme modèle par l’Europe.

 

Aux Paradis, on peut mourir à 20 ans, à contretemps

Entretemps, des jeunes désœuvrés, sans espoir, sont la proie facile de trafics dont on ne parle guère, le silence peut-il régler les problèmes sociaux encore aggravés par la pandémie ? Et jusqu’à quand ? Jusqu’à la mort d’un jeune de 20 ans poignardé en plein-jour, le 6 avril 2021,**et qui est venir mourir, en longeant un terrain vague à l’emplacement d’un immeuble démoli en septembre 2020, au pied d’une barre d’immeuble promise à la démolition, et dont  une partie a déjà les fenêtres murées depuis des mois. Que sont ces mois d’inquiétude sur l’avenir pour ces habitants aux yeux des décideurs, maire et bailleur.

 Immeubles murés, arbres abattus, terrain vague, trafics **, rixes entre bandes aboutissant à la mort ** d’un jeune homme, est-ce là Fontenay demain pour le quartier des Blagis?

 

Changer la donne, agir pour un développement durable respectueux des habitants

Ce quartier pourtant est attachant, par tous les efforts que font la plupart des habitants pour se construire, et pour construire une vie meilleure pour leurs enfants. Le groupe scolaire de la Roue connait les problèmes, les espoirs, les succès des enfants, par exemple des mères qui apprennent à lire en même temps que leurs enfants, des solidarités remarquables… Mais aussi, des conditions de vie parfois très difficiles, un besoin criant de médiateurs, besoin de prévention, celle-ci étant abandonnée depuis des années, besoin d’activités porteuses de sens impliquant tous les quartiers, besoin d’une orientation scolaire soutenue et efficace…

Les calculs politiciens, les appétits financiers broient les arbres et les gens. Il est temps que la raison l’emporte, il est temps d’agir au quotidien pour les gens du quartier, pas pour les chasser du quartier. Insertion par des chantiers de rénovation plutôt que des sous-sols ou des appartements murés ? Oui, avec des moyens humains suffisants à la fois pour une prévention active dès le plus jeune âge, pour assurer la sécurité du quartier, et pour assurer un développement durable à ce quartier avec des logements rénovés plutôt que cassés.  Ce serait un très beau projet, et c’est possible sans surdensifier ni chasser les habitants actuels.

 

Suzanne Bourdet   Michel Faye

 

http://www.pourfontenay.fr/blog/renover-plutot-que-casser-cest-possible-pourquoi-comment

**https://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/fontenay-aux-roses-92260/fon...

Photos: terrain vague aux Paradis / Pied de l' immeuble muré des Paradis où le jeune homme est décédé

 

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