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Science 3 / Energie nucléaire, énergie "Verte"? Tchernobyl, Fukushima, a-t-on oublié? Et que fait-on des déchets radioactifs ?

Des poubelles sans CO2, mais radioactives, peuvent-elles être considérées comme vertes ?

     Le gouvernement français sollicite de l’Europe l’inscription de l’énergie nucléaire au rang des énergies vertes, car non émettrice de CO2. Mais c’est oublier les multiples problèmes liés aux centrales nucléaires, depuis le réchauffement des eaux utilisées pour refroidir les centrales jusqu’aux accumulations de déchets radioactifs*  dont certains vont durer des milliers d’années. Imaginez que nous devions vivre avec les déchets émis par nos ancêtres les Gaulois, en plus dangereux !

     Au total, on a dépassé en 2016 les 1,5 millions de m3 de déchets radioactifs dans l’hexagone, de quoi remplir plus de 400 piscines olympiques. Et ce chiffre augmente inexorablement. 90 % de ces déchets sont stockés en surface, sur des sites qui arrivent à saturation, et pour lesquels on ne peut exclure un accident nucléaire majeur. Pour les 10% les plus dangereux, ce stockage lui-même est impossible.

 

Bure, enfouissement à haut risque** / Apprentis sorciers ?

       L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) envisage d'enfouir à Bure, entre Meuse et Haute-Marne, et à 500 mètres de profondeur sous terre, 85 000 m3 de déchets très radioactifs et à très longue durée de vie. Un projet qui suscite de vives oppositions. Peut-on déléguer une telle « poudrière » aux millénaires à venir ? 

 

Une solution vantée hier, interdite aujourd’hui : l’immersion des déchets radioactifs***/ une leçon à retenir.

        L’immersion,  au fond des océans, des  déchets  radioactifs a été un temps une solution considérée comme sûre par la communauté  scientifique internationale. Entre 1946 et 1993, plusieurs pays ont  ainsi  procédé  à  des  immersions  de  déchets  radioactifs, dans l’Océan Atlantique, dans l’océan Pacifique. L’équivalent de trois catastrophes de Fukushima rejetées dans l’Atlantique.

       Quelques milliers de tonnes de déchets ont été immergés par la France entre 1967 et 1982. Depuis 1993, toute immersion de déchets radioactifs est définitivement interdite. Mais certains des fûts immergés sont très dégradés (observation Greenpeace), et donc les risques non maîtrisés.

      De plus, dans la Manche, via un pipeline long de 4 km qui s’enfonce à une soixantaine de mètres sous la mer, la centrale de retraitement des déchets nucléaires d’Orano à La Hague (Manche) continue à rejeter chaque année des liquides radioactifs « après traitement éventuel ». En 2019, plus de 600 000 mètres cubes  de ces liquides ont été déversés en mer.

 

Quel est le coût du démantèlement des centrales nucléaires en fin de vie? L'exemple du démantèlement du site nucléaire du CEA de Fontenay-aux-Roses.

       Le plus gros chantier à Fontenay est celui du démantèlement du site nucléaire du CEA de Fontenay , site de la pile atomique ZOE (ZérOEnergie). son coût est de 25 millions par an, la durée de ce chantier est d'un demi-siécle, fin prévue vers 2036-2040, coût total 1, 2 milliards d'euros.

      Le démantèlement d'un réacteur de centrale nucléaire va donc  coûter plusieurs milliards d'euros. Entre 2020 et 2050 au plus tard, il y aura 58 réacteurs en fin de vie: Un coût de plusieurs centaines de milliards d'euros à intégrer dans le prix réel de revient de l'électricité d'origine nucléaire.

 

Suzanne Bourdet    Michel Faye

 

* https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/infographie-dechets-radioactifs-ou-sont-ils-stockes-en-france-146912.html

** https://www.liberation.fr/france/2018/11/14/cigeo-le-sous-sol-de-la-discorde_1692102/

*** https://www.bastamag.net/dechets-radioactifs-immerges-Atlantique-fosse-des-Casquets-Golfe-de-Gascogne-Pacifique-polynesie-francaise-nucleaire

Images : https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/infographie-dechets-radioactifs-ou-sont-ils-stockes-en-france-146912.html

 

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