
Le cadmium est un métal présent dans la croûte terrestre. L’activité humaine, - industrie, énergies fossiles, et surtout engrais phosphatés de l’agriculture intensive - en a fait un polluant omniprésent dans nos assiettes .
Teneur estimée en cadmium dans les sols de surface entre o et 30 cm de profondeur

On constate que les zones de cultures de pommes de terre et de blé sont les plus atteintes.
Santé Publique France en 2021 et l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire le 25 mars dernier ont donné l’alerte.
Les engrais phosphatés, très utilisés pour nourrir les cultures, sont fabriqués à partir de roches phosphatées souvent riches en métaux lourds. L’INRAE estime que ces engrais représentent 60 à 75 % des apports de cadmium dans les sols agricoles. Or, la France achète beaucoup de phosphates au Maroc, où les roches utilisées contiennent jusqu’à 73 mg/kg de Cadmium, bien plus que dans les mines de phosphates de Finlande ou de Norvège*.
Le cadmium se retrouve donc en quantités toujours plus grandes dans notre alimentation, et s’accumule d’année en année dans nos reins, nos foies. Or, le cadmium est considéré comme facteur de risque de cancers (rein, poumon, pancréas, sein, prostate) et de maladies osseuses comme l’ostéoporose. En France, 47% de la population dépasse la dose journalière admissible calculée pour qu’en se cumulant au cours de la vie dans l’organisme, « on ne dépasse pas 50 microgrammes (par gramme de créatinine dans les urines) à l’âge de 60 ans »**.
Le lanceur d’alerte citoyen Camille Dorioz, responsable de campagnes Foodwatch France (organisme né après la crise de la vache folle) résume :
Nous ne pouvons plus tolérer que des métaux toxiques continuent de s’accumuler dans nos assiettes alors que des solutions existent. Il faut couper la contamination à la source en arrêtant l’usage de fertilisant contaminé.
Camille Dorioz Responsable de campagnes Foodwatch France***
Mais les concentrations s’accumulent dans les sols et du coup dans nos assiettes : l’alimentation compte pour 98% de l’imprégnation au cadmium en France pour les non-fumeurs (chez les fumeurs, cigarette ou vapotage, l’imprégnation totale au cadmium est plus grande que chez les non fumeurs)
Entre 2019 et aujourd’hui, elles ont plus que triplé dans les céréales du petit déjeuner*. Or, la contamination des sols durera des dizaines d’années, raison de plus pour agir rapidement.
La France n’a actuellement aucune base de données officielle sur la concentration en cadmium dans les engrais phosphatés utilisés en France . Il est urgent d’établir une telle base de données, de façon à suivre et accompagner l’évolution des pratiques.
La réglementation française du cadmium dans les engrais traîne les pieds. Actuellement, la France autorise une concentration en cadmium allant jusqu’à 90 mg par kg d’engrais. Alors que l’Union européenne est passée à 40 mg/kg et prévoit d’arriver à 20 mg/kg en 2035, ce serait alors obligatoire .
- Acheter les phosphates en Europe (où ils sont moins concentrés en cadmium) plutôt qu’au Maroc (où ils contiennent jusqu’à 73 mg/kg)
- Ajuster le type de fertilisant en fonction des sols et des cultures
- Utiliser les techniques agricoles mobilisant le phosphate déjà présent dans les sols
- Utiliser des cultures moins accumulatrices de cadmium, légumineuses plutôt que blé par exemple.
- Limiter la consommation de produits à base de blé sucrés et salés, tels que les céréales du petit-déjeuner, gâteaux, biscuits,
- Introduire plus de légumineuses dans les repas à la place des aliments à base de blé comme les pâtes.
- Consommer « bio » quand on le peut, les aliments bio contenant en moyenne 48% de moins de cadmium que les non-bio.
Rappelons que, dans le cadre de la loi Egalim, la restauration collective, en particulier dans les cantines, doit compter au moins 20% de bio. C’est plus que jamais important pour les enfants*****.

Souhaitons que les menus des cantines de Fontenay tiennent compte de ces recommandations.
Suzanne Bourdet Jacqueline Gruson, cadre hospitalier
* Le Monde du 26 mars 2026 « Cadmium : Le gouvernement appelé à agir d’urgence. Face à la surexposition des Français à ce métal lourd, l’ANSES conseille notamment de réglementer les engrais".
**https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-agir-des-present-la-source-de-la-contamination-des-sols [1]
*** https://www.foodwatch.org/fr/ [2]
***** https://www.biolineaires.com/la-bio-comme-rempart-au-cadmium/ [4]
Image de titre : Post Instagram du média vert_le_media
Carte: https://www.gissol.fr/donnees/cartes/carte-des-teneurs-predites-en-cadmi... [5]
Image J'agis en diversifiant, en alliant les aliments:
Liens
[1] https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-agir-des-present-la-source-de-la-contamination-des-sols
[2] https://www.foodwatch.org/fr/
[3] https://www.franceinfo.fr/sante/alimentation/pourquoi-le-cadmium-se-retrouve-t-il-dans-nos-aliments-deux-experts-repondent-a-vos-questions_7893743.html
[4] https://www.biolineaires.com/la-bio-comme-rempart-au-cadmium/
[5] https://www.gissol.fr/donnees/cartes/carte-des-teneurs-predites-en-cadmium-extractible-des-horizons-de-surface-des-sols-en-france-4850
[6] https://www.asef-asso.fr/wp-content/uploads/2026/01/02-Cadmium-Depliant-patient-URPSMLGE-ASEF151225-1.pdf