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Quand un maire-adjoint refuse le déplacement du site de forage et d’implantation de la centrale géothermique.

Géothermie à Fontenay : Un maire-adjoint de la nouvelle majorité a publié un texte intitulé: "L'illusion du déplacement du forage " , ajoutant : "Ce projet (de géothermie+pompes à chaleur + gaz) est "une chance pour notre ville" *. Ce texte est une tribune politique classique. Son objectif est de justifier le maintien d'un projet controversé (le forage sur un terrain de foot) en présentant toute alternative comme catastrophique.
Sans données d'audit externes, on ne peut pas qualifier chaque chiffre de "faux", et le texte utilise des arguments contestables.
Voici 12 points contestables
1 . La rhétorique du "Sauveur" et le dénigrement politique
Ce maire-adjoint écrit: « Pour pallier à la mauvaise gestion de l’ancienne équipe », « L’ancien maire se fichait éperdument de l’avenir du club de foot ».
- C'est une stratégie de communication politique classique : rejeter la faute sur le passé pour s'exonérer des tensions actuelles. L'affirmation selon laquelle l'ancien maire "se fichait" du club est un procès d'intention non factuel, destiné à dramatiser le récit.
2 . Le piège du "Faux Dilemme"
Ce maire-adjoint écrit: « Soit on garde le projet tel quel, soit on déplace le forage et le projet meurt (effet domino). »
- C'est l’argument de la "pente savonneuse". L'élu présente le scénario du déplacement de manière exclusivement cumulative : il liste le pire de ce qui pourrait arriver sur chaque aspect (juridique, financier, technique) pour faire peur, sans mentionner de solutions intermédiaires, de négociations possibles ou de phases transitoires.
3 . Des délais administratifs maximisés (Inexactitude probable ou surévaluation)
Ce maire-adjoint écrit: Un nouveau permis minier nécessiterait « environ 3 ans de procédures».
- Si le déplacement se fait sur un terrain adjacent (l'ancien terrain de hand, donc à quelques dizaines de mètres), il s'agit souvent d'une modification substantielle ou d'un avenant au permis d'exploration existant, et non d'une reprise à zéro de la cartographie minière profonde (les données du sous-sol restent les mêmes). Annoncer 3 ans pile est un argument de dissuasion massif qui mérite d'être vérifié par des experts juridiques.
4 . L'argument de la "Somme Perdue"
Ce maire-adjoint écrit: Les 2,5 M€ déjà engagés le seraient « en pure perte ».
- Les études géologiques profondes, l'ingénierie financière et les conventions de subvention globale restent valables pour la commune, même si le point d'impact de surface bouge de 50 mètres. Tout n'est pas jeté à la poubelle.
5. La dramatisation du calendrier financier
Ce maire-adjoint écrit: : « Les taux d’intérêts ne sont valables que jusqu’à fin juin 2026 » (la tribune étant datée du 24 juin 2026, soit 6 jours avant).
- C'est une technique de vente et de communication ("l'urgence artificielle"). Les banques et l'Ademe renégocient constamment les lignes de crédit et les subventions pour les projets des collectivités locales, surtout si la volonté politique de faire le projet est réaffirmée
6 . L’avis des experts ?
Ce maire-adjoint s'abrite derrière "l'avis des experts".
- Sauf qu’on attend toujours la publication immédiate et intégrale de la note technique de Geosud92 et du Sipperec .
- Par ailleurs, les Fontenaisiens ont le droit de pouvoir juger par eux-mêmes si l'option du terrain de handball a été étudiée sérieusement ou balayée en surface.
7. Le coût du "Plan B" pour le football
Ce maire-adjoint propose de reconstruire un terrain de foot ailleurs. Mais un terrain homologué coûte très cher et prend du temps à réaliser.
- « Déplacer le forage coûterait 4 M€. Mais combien coûteront la recherche de foncier, l'achat de terrain et la construction d'un nouveau complexe de foot homologué par la ville et la métropole ? Le délai pour créer un nouveau stade ne sera-t-il pas, lui aussi, de plusieurs années, privant les jeunes de sport ? »
8 . Le calendrier de l'urgence
Le texte de ce maire-adjoint donne l'impression que la municipalité a tout essayé de bonne foi depuis son élection, mais qu'elle est prise à la gorge par la date du 30 juin 2026.
- L'équipe municipale affirme travailler sur le sujet depuis son élection et avoir interpellé les partenaires début avril. Pourquoi ce maire-adjoint publie-t-il son texte le 24 juin, soit à 6 jours de l'échéance bancaire, pour mettre les habitants devant le fait accompli et fermer la porte au dialogue ?
9 . L'État et l'Ademe sont-ils des « pères fouettards » ?
- Les institutions publiques (Ademe,région, Etat) ne cherchent pas à couler les projets écologiques des communes pour des questions de mètres carrés. L'Ademe et l'État soutiennent la transition écologique. Si la préservation de la vie associative et sportive locale nécessite un aménagement du projet, des dérogations ou des accélérations d'instructions administratives sont possibles. Ne faisons pas de l'administration un épouvantail pour masquer un choix politique. »
10 . L'Inexactitude sur le "Permis minier" et la règle des 5 mètres
Ce maire-adjoint écrit: Un déplacement sur le terrain de hand implique un nouveau permis minier car « l'actuel n'autorise que 5m de déplacement possible des puits ».
- Il faut distinguer deux notions juridiques du Code minier :
- Le Titre minier (Permis Exclusif de Recherches - PER) : Il couvre une zone géographique immense (souvent plusieurs communes). Bouger un forage de 50 mètres reste largement à l'intérieur du périmètre du permis.
- L'Autorisation d'Ouverture de Travaux (AOT) : C'est elle qui fixe l'emplacement précis de la plateforme. Si on change de parcelle, il ne faut pas un "nouveau permis minier" (3 à 5 ans), mais une demande de modification d'AOT auprès de la DRIEAT (Direction Régionale de l'Environnement). Certes, cela demande une instruction, mais cela prend généralement quelques mois, pas 3 ans. La prétendue règle stricte des "5 mètres maximum" pour un titre minier n'existe pas.
11. Le contresens sur le permis de construire de la centrale
Ce maire-adjoint écrit: Il faudrait « un nouveau permis de construire pour la centrale de géothermie ».
- Pourquoi c'est inexact : Une centrale de géothermie se compose de deux parties : les puits en sous-sol et le bâtiment technique (l'échangeur thermique) en surface. Déplacer la tête de puits de quelques dizaines de mètres sur une parcelle voisine n'annule pas l'intégralité du projet de bâtiment. Cela nécessite au pire un permis de construire modificatif (PCM), dont l'instruction est beaucoup plus rapide (3 à 4 mois) et ne remet pas en cause les volumes généraux déjà validés.
12 . Le chantage aux indemnités de retard "dès juillet 2026"
Ce maire-adjoint écrit: Le foreur va réclamer « des indemnités de retard très importantes dès juillet 2026 ».
- Pourquoi c'est techniquement suspect : Nous sommes le 26 juin 2026. Si le texte a été publié le 24 juin, affirmer que les pénalités tombent dans les jours qui suivent est un procédé de panique rhétorique. Dans les marchés publics d'une telle ampleur (21,5 M€), les clauses d'indemnisation de retard (le "délai de mobilisation de la plateforme de forage") sont encadrées par des ordres de service (OS). Un décalage de quelques mois pour modification technique donne lieu à des négociations d'avenants, pas à une rupture immédiate de contrat avec pénalités maximales instantanées au 1er juillet.
Addendum : Le raccordement du Quartier des Paradis
Ce maire-adjoint écrit : Les nouveaux logements livrés entre 2028 et 2031 n'auront « pas de solution de chauffage ».
- Pourquoi c'est faux : Il est strictement interdit en France de livrer des bâtiments neufs sans solution de chauffage (non-conformité au Code de la construction et aux normes environnementales comme la RE2020). Si le réseau de géothermie prend du retard, les aménageurs installent systématiquement une solution de chauffage provisoire (par exemple, une chaufferie mobile au gaz ou des pompes à chaleur temporaires) en attendant le raccordement définitif. Les habitants ne seront jamais laissés sans chauffage dans des bâtiments neufs.
Et pendant que ce maire-adjoint explique que l’on ne peut rien changer,
- Le nouveau marché a perdu sa double peau, remplacée par une grande baie vitrée. Ces jours-ci, c’est une fournaise, les clients et les commerçants en sont témoins. Et pourtant, cela a coûté 4 millions d’euros.
- La fontaine du nouveau parc Sainte-Barbe coule sans arrêt, les promeneurs à cet endroit peuvent patauger dans la boue. Et pourtant, la rénovation du parc a coûté 3 millions d’euros.
- Les nouvelles constructions des Blagis n’ont pas prévu les canicules …
Et ça, ce ne sont pas des illusions !
Le bateau Vastel était sur le point de sombrer. La nouvelle équipe doit-elle sombrer dans son sillage ?
Suzanne Bourdet Jacqueline Gruzon




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